Syndic de copropriété : La copropriété est devenue un mode d’habitat largement répandu au Maroc. Pour encadrer cette forme de propriété et garantir la coexistence harmonieuse des copropriétaires, le législateur a adopté la loi n° 18-00 promulguée par le Dahir n° 1-02-298 du 3 octobre 2002 relative au statut de la copropriété des immeubles bâtis.
Champ d’application
La loi 18-00 s’applique à la propriété des immeubles bâtis divisés par appartements, étages ou locaux et dont la propriété appartient à plusieurs personnes réparties par lots comprenant chacun une partie privative et une quote-part des parties communes.
Elle s’étend aussi aux ensembles immobiliers bâtis constitués d’immeubles, de villas ou de locaux contigus ou séparés, ayant des parties communes appartenant dans l’indivision à l’ensemble des copropriétaires.
Enfin, elle s’applique aux immeubles immatriculés ou non immatriculés.
Implications pratiques :
- Tout immeuble en copropriété (immeuble collectif ou ensemble de villas contiguës) peut être concerné.
- Il ne fait pas obligatoirement l’objet d’une immatriculation pour que la loi s’applique.
- Chaque lot comprend nécessairement une partie privative et une quote-part de parties communes.
Parties privatives et parties communes
La distinction entre parties privatives et parties communes est fondamentale pour la gestion de la copropriété.
- Parties privatives : il s’agit des parties appartenant à chaque copropriétaire dans le but d’en jouir individuellement. Elles sont la propriété exclusive de chaque copropriétaire (exemple : appartement, local commercial, place de parking, etc.).
- Parties communes : ce sont les parties destinées à l’usage et à la jouissance de l’ensemble des copropriétaires ou de certains d’entre eux (sol, fondations, murs porteurs, escaliers, ascenseurs, toitures, etc.).
Cette distinction conditionne :
- la répartition des charges ;
- la responsabilité en matière d’entretien et de réparation ;
- les droits et obligations de chaque copropriétaire.
Règlement de copropriété, syndicat, syndic et assemblée générale
Règlement de copropriété
Le règlement de copropriété est l’acte fondamental qui fixe les règles de jouissance, de gestion et de fonctionnement de l’immeuble. La loi 18-00 impose qu’un règlement soit établi pour tout immeuble en copropriété. En cas d’absence, un règlement-type peut être appliqué.
Assemblée générale
L’assemblée générale des copropriétaires est l’organe central de décision. Elle doit se réunir au moins une fois par an pour approuver les comptes, voter le budget, décider des travaux et désigner le syndic.
Syndicat et syndic
- Le syndicat des copropriétaires représente collectivement l’ensemble des copropriétaires.
- Le syndic, personne physique ou morale, est chargé de l’exécution des décisions de l’assemblée générale, de la gestion de l’immeuble, du recouvrement des charges et de la conservation des parties communes.
Les réformes de 2016 ont renforcé la responsabilité du syndic et encadré sa gestion financière.
Droits, obligations et charges des copropriétaires
Quelques principes essentiels :
- Chaque copropriétaire doit participer aux charges de conservation, d’entretien et de gestion des parties communes.
- Les charges sont réparties selon les quotes-parts définies dans le règlement de copropriété, souvent proportionnelles à la valeur des lots.
- Le copropriétaire qui ne s’acquitte pas de ses charges peut être poursuivi par voie d’injonction de payer.
- Chaque copropriétaire doit veiller à l’entretien de sa partie privative et au respect des règles de sécurité et de bon voisinage.
Modifications apportées par la loi 106-12 (2016)
L’amendement de 2016 a apporté plusieurs innovations :
- Introduction de la copropriété horizontale, applicable aux ensembles de villas ou résidences contiguës.
- Renforcement des pouvoirs du syndic et création d’un compte de réserve destiné aux dépenses urgentes ou exceptionnelles.
- Clarification de la gestion financière et de la tenue des assemblées générales.
- Possibilité pour le président du tribunal de nommer un administrateur provisoire en cas de blocage du fonctionnement de la copropriété.
- Allongement du délai de prescription pour le recouvrement des charges à cinq ans.
Enjeux et défis pratiques
Malgré un cadre juridique clair, la gestion des copropriétés reste souvent difficile.
Les principaux défis concernent :
- le manque de règlements de copropriété conformes à la loi ;
- la transparence dans la gestion des fonds et des charges ;
- la professionnalisation du métier de syndic ;
- la faible implication des copropriétaires dans les assemblées générales ;
- les difficultés de recouvrement des charges impayées.
Conseils pratiques pour les copropriétaires et syndics
- S’assurer que le règlement de copropriété est conforme à la loi 18-00 et à la loi 106-12.
- Tenir une assemblée générale annuelle et approuver les comptes régulièrement.
- Créer un fonds de réserve pour anticiper les dépenses imprévues.
- Tenir une comptabilité transparente et accessible à tous les copropriétaires.
- Prévoir un suivi régulier de l’état des parties communes et planifier les travaux nécessaires.
- En cas de copropriétaire défaillant, recourir rapidement à la procédure d’injonction de payer.


